Médecin généraliste : acteur majeur du suivi et de la sécurisation du traitement oral en oncologie

Christophe Tournigand, oncologue, Hôpital Henri-Mondor, AP-HP, revient sur le rôle majeur du médecin généraliste dans le parcours de soins du patient, notamment chez celui sous traitement oral.

Christophe Tournigand, oncologue, Hôpital Henri-Mondor, AP-HP, revient sur le rôle majeur du médecin généraliste dans le parcours de soins du patient, notamment chez celui sous traitement oral, lors de la 10ème édition des Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr) qui s’est tenue à Paris, les 21 et 22 novembre 2017.

Dans son parcours de soins, le patient est amené à effectuer des allers-retours entre l’hôpital et la ville, à passer du service d’oncologie médicale à la radiothérapie, ainsi que dans tous les services de spécialités, mais aussi chez son médecin généraliste qui le connait depuis longtemps et avec ses co-morbidités.
Une grande majorité des patients sont pris en charge en ambulatoire à travers l’hôpital de jour pour des chimiothérapies par voie veineuse et par des thérapies par voie orale avec des médicaments qui s’achètent en pharmacie. Le médecin généraliste occupe donc, évidemment, une place extrêmement importante dans toute cette partie ambulatoire.

Un virage ambulatoire pris depuis longtemps dans le domaine de la cancérologie
Les professionnels de santé hospitaliers doivent faire face à de plus en plus de patients « chroniques » qui présentent des complications liées à leur traitement ou à leur cancer. Il ne faudrait donc pas avoir une diminution du nombre de lits dans les hôpitaux pour apporter à ces patients la prise en charge dont ils ont besoin comme, par exemple, l’accès à des soins de support ou palliatifs. Actuellement, l’hôpital est le seul à même d’apporter cette prise en charge en attendant une prise en charge à domicile avec un relai du médecin traitant et de la ville.

Apporter une formation aux médecins généralistes sur les thérapies par voie orale
Pour les patients sous chimiothérapie orale, un certain nombre d’effets secondaires non négligeables liés au traitement sont à prendre en compte. Comme le stipulent les recommandations du Plan Cancer de l’INCa, sécuriser la prise de ces médicaments est une nécessité absolue. Le médecin généraliste a toute sa place dans cette sécurisation, encore faut-il qu’il ait la capacité, le temps et la volonté de se former sur l’ensemble des thérapies par voie orale qui changent régulièrement. En effet, une formation est requise pour chaque nouveau médicament, y compris pour des maladies peu fréquentes. L’hôpital doit alors fournir rapidement au médecin généraliste toute l’information nécessaire à la prise en charge du patient, sur son traitement et ses effets secondaires potentiels de façon à avoir un traitement qui se déroule en sécurité. Des fiches médicaments destinées au médecin généraliste sont en cours d’élaboration.

S’appuyer sur de nouveaux métiers
Les oncologues médicaux disposent de peu de temps en consultation, ils doivent donc se reposer sur des métiers un peu nouveaux, notamment les infirmières de coordination. Elles suivent la totalité des patients sous thérapies orales. Une fois le traitement validé, les patients les voient systématiquement afin qu’elles leur réexpliquent les modalités de prise du traitement, les effets secondaires éventuels et leur apportent tous les renseignements dont ils ont besoin sans perdre le lien avec l’oncologue médical. Le médecin généraliste peut également se référer à ces infirmières pour assurer la bonne prise en charge du patient.

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