Cancer : les généralistes ont toute leur place

Près de la moitié des médecins généralistes reçoit 5 à 10 % des personnes souffrant de cancer (et un tiers en suit moins de 5 %).

Près de la moitié des médecins généralistes reçoit 5 à 10 % des personnes souffrant de cancer (et un tiers en suit moins de 5 %). C’est le premier enseignement d’une enquête* menée par la revue Le Généraliste - à l’occasion des 9èmes Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr) - sur cette pathologie et la façon dont elle est prise en charge par les médecins traitants. Le moment du dépistage et du diagnostic est, évidemment, une étape cruciale dans la vie du « couple » malade / soignant. « Un médecin généraliste intervient avant le cancer, dans le cadre de la prévention de la maladie ; pendant, de l’entrée de la maladie au suivi curatif ; et après le cancer. Cette caractéristique de la durée dans la vie du patient, qui peut avoir un et parfois plusieurs cancers, fait notre spécificité. On suit le patient dans son entourage et sa proximité de vie », témoigne le Dr Marie-Hélène Certain, médecin généraliste.

Intégrer le patient dès le début de sa prise en charge
Le médecin évoque le plus souvent l’hypothèse d’une éventuelle tumeur maligne en demandant un dépistage (63%), en parlant des antécédents familiaux (61%), ainsi qu’en prescrivant des examens à visée diagnostique (60%) ou complémentaires (58%). Et lorsqu’il a le verdict en main, il le communique presque toujours (seuls 12 % ne délivrent que rarement cette information). Dans 95 % des cas, le généraliste discute avec son patient des différentes options de prise en charge, essentiellement pour « l’intégrer et l’impliquer dès le début dans son traitement ». Ceux qui refusent jugent que leur malade manque de connaissances pour en discuter et que leur décision est la meilleure possible ! Enfin, seuls 20 % des généralistes ayant répondu au questionnaire ont déjà reçu une formation à la décision partagée. Cette dernière faisait justement partie des thématiques phares choisies pour les RCFr 2016. « La décision partagée est une négociation permanente qui se clôt provisoirement par un compromis à la fin d’une consultation, mais qui ne clôt pas l’aventure que nous vivons avec notre patient », ponctue le Dr Jean Godard, médecin généraliste à Rouen.

(*) Enquête réalisée avec le Collège de médecine générale et les RCFr, mise en ligne sur legeneraliste.fr du 15 novembre au 1er décembre 2016 - 160 réponses

Interviews réalisées à l’occasion des 9èmes Rencontres de la Cancérologie Française, à Paris, décembre 2016.

RCFr, en savoir plus www.rcfr.eu
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