Grâce à la « liste en sus », les patients peuvent recevoir un certain nombre de médicaments innovants qui sont directement remboursés par l’assurance-maladie et donc ne pèsent plus sur le budget des hôpitaux. Mais le gouvernement en a radié plusieurs que les cancérologues jugent importants. Cette décision est, pour lui, « génératrice d’inégalités entre les établissements » (seuls certains peuvent les proposer).

Un système d’évaluation qui ne répond pas aux enjeux de l’innovation

Le Pr Gilles Freyer n’hésite pas à épingler le système d’évaluation et de valorisation de l’innovation médicamenteuse qui « n’est pas à la hauteur des défis que pose cette innovation pour les années à venir. » En effet, « cette évaluation est de plus en plus lourde et est génératrice de délais trop importants. Entre le moment où l’efficacité du médicament est reconnue et le moment où nous pouvons effectivement le prescrire aux patients, il se passe parfois des années, ce qui est considérable en termes de perte de chances pour les patients » déplore-t-il.

Une confusion entre lien et conflit d’intérêt

Autre cheval de bataille de ce cancérologue : la crise de l’expertise scientifique. Il oppose l’éthique de la sollicitude, dans notre pays où des experts ont été écartés, à l’éthique de la défiance anglo-saxonne, avec des experts spécialisés. « Il ne faut pas confondre lien et conflit d’intérêt », répète-t-il, avant d’insister sur la nécessité de donner plus de place aux patients dans les évaluations et les choix thérapeutiques.

Interview réalisée à l’occasion des 9èmes Rencontres de la Cancérologie Française, à Paris, décembre 2016.

RCFr, en savoir plus www.rcfr.eu

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