Cancer : un financement indispensable de la recherche clinique

Jean-Philippe Spano insiste sur l’importance de développer les essais cliniques en France afin de permettre à un maximum de patients d’avoir accès à l’innovation.

Jean-Philippe Spano, oncologue médical à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, insiste lors des Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr) 2017 sur l’importance de développer les essais cliniques en France afin de permettre à un maximum de patients d’avoir accès à l’innovation.

La France : un pays qui facilite l’accès à l’innovation

La France permet aux patients d’avoir accès à l’innovation thérapeutique avec une répartition assez équitable des services dédiés à la cancérologie que ce soit dans les centres hospitaliers, universitaires, périphériques ou privés, ou encore dans des centres de lutte contre le cancer sur l’ensemble du territoire. L’Institut National contre le Cancer (INCa) et les Agences Régionales de Santé (ARS), nous ont aidés à mettre en place des structures, des réseaux de soins permettant aux patients d’avoir accès à des essais thérapeutiques qui constituent la recherche clinique. Les CLIPs, centres d’accès aux essais de phases précoces, sont assez uniques et constituent une véritable chance pour les patients. Supportés par l’INCa et la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), ils sont assez bien répartis sur l’ensemble du territoire, dans 16 départements ; ils travaillent en étroite collaboration avec d’autres structures, des sites partenaires faisant ainsi de la France, un pays leader de l’accès à l’innovation, bien positionné à l’échelon mondial et européen.

Apporter davantage de moyens et de financement à la recherche clinique

Mener des essais thérapeutiques nécessite une lourde charge d’activités tant au niveau médical que paramédical. Ce dispositif réclame des infirmières, des recherches cliniques dédiées, des attachés de recherche clinique, ainsi qu’une organisation relativement lourde. Tout le monde ne peut pas mener des essais, en particulier des essais de phase 3.

Le nombre de patients inclus dans les essais reste encore insuffisant en France. Les efforts menés par les professionnels de santé, les hautes autorités, l’INCA ont donné des fruits mais ce n’est pas suffisant. Si nous voulons continuer à promouvoir la recherche clinique en France et permettre aux experts de pouvoir la mener de manière optimale, des moyens et des ressources humaines supplémentaires sont indispensables.

Les associations de patients, partenaires des professionnels de santé auprès des patients

Les médecins et les experts doivent travailler de concert avec les associations de patients afin de diffuser convenablement l’information sur les essais cliniques auprès des patients pour qu’ils puissent comprendre pourquoi ils ont accès ou non à une nouvelle molécule, ou pourquoi un médicament a été déremboursé. Les associations de patients doivent être étroitement liées à la pratique des professionnels de santé, aux essais, à la recherche, il est donc indispensable de mettre en place petit à petit cette collaboration, en France, dans le domaine de la cancérologie.

 

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