Cancers et thérapies orales, le rôle clé du pharmacien

François Lemare témoigne du manque de formation des médecins libéraux et des pharmaciens officinaux pour bien prendre en charge les patients recevant les traitements oraux à domicile.

François Lemare, pharmacien clinicien à l’Hôpital Gustave Roussy à Villejuif, témoigne, à l’occasion des Rencontres de la Cancérologie Française 2016, du manque de formation des médecins libéraux et des pharmaciens officinaux pour bien prendre en charge les patients recevant les traitements oraux à domicile.

De nombreux patients sont actuellement suivis pour des pathologies tumorales, en ville, avec des traitements pour lesquels ils deviennent de véritables acteurs de santé, c’est-à-dire qu’ils vont gérer et être à la base de l’observance ou de l’adhérence au traitement. L’un des enjeux est donc de faire que les patients puissent réaliser leur traitement chez eux avec tous les meilleurs standards de qualité et de communication entre la ville et l’hôpital.

Un manque de formation des professionnels de santé libéraux
La problématique est la formation pour les partenaires libéraux, pharmaciens officinaux et médecins libéraux. Pour une pharmacie d’officine standard, entre un à dix patients sont traités par chimiothérapie orale ; à l’heure actuelle, 70 médicaments sont identifiés et disponibles. La difficulté pour les pharmaciens est donc d’avoir connaissance de ces 70 médicaments pour suivre éventuellement un seul patient. Toute la difficulté est de ne pas mélanger les informations et d’avoir un accès à des formations sur les thérapies innovantes mises sur le marché. C’est un enjeu de formation continue important et pour lequel, le pharmacien ne dispose pas forcément du temps nécessaire entre la prescription et la dispensation.

Inscrire le pharmacien dans le parcours de santé du patient
La plupart des officines n’ont pas les traitements en stock, cinq à douze heures s’écoulent entre la réception de la prescription et la dispensation du traitement. La Société française de Pharmacie d’Oncologie (SFPO) propose, dans ce laps de temps, des outils de formation aux pharmaciens pour qu’ils acquièrent les éléments de communication leur permettant d’être en situation de confort à travers une bonne connaissance du traitement ainsi que du patient reçu.

La SFPO a développé deux supports différents : des fiches d'information Oncolien déclinées, également, en courtes séquences vidéo de cinq minutes pour fournir toute l’information nécessaire aux pharmaciens et les transformer en communicants de santé. Ces fiches vont être aussi déclinées en modules d’assistance à la dispensation. A la réception d’une prescription, le pharmacien aura sur son ordinateur un entretien dirigé avec des questions et des éléments de réponses pour le patient afin de recueillir un certain nombre d’informations qui permettront de générer un courrier adressé à l’oncologue pour lui transmettre des informations sur les problématiques d’observance, de détection, de gestion des effets indésirables et des interactions médicamenteuses. Les patients ont parfois recours à la phytothérapie sans forcément en informer l’oncologue ; le pharmacien est souvent la personne qui va donner un conseil sur ce traitement.

Le but d’Oncolien est de créer un réseau autour du patient avec les professionnels libéraux et les professionnels hospitaliers pour améliorer et faciliter la prise en charge des patients et les rendre plus facilement acteurs de leur prise en charge.

RCFr, en savoir plus www.rcfr.eu

https://www.gustaveroussy.fr/