Cancers, créer l’innovation en écoutant les patients

Pour Antonio Güell, la France doit davantage oser mettre en pratique des idées nouvelles, à l'instar des Etats-Unis, et s'appuyer sur les patients pour en développer.

Comment capturer la production de médicaments innovants ? Comment structurer une filière française des biotechnologies ? Telles sont les questions posées au cours de la table ronde consacrée au défi de l’attractivité de la France, lors de la seconde édition des Matinales sur l’innovation thérapeutique organisée sur le thème « Santé : innover pour demain ». 

La définition de l’innovation doit répondre à trois critères
Praticien hospitalier de neurologie à Toulouse, puis directeur de l’innovation et des applications spatiales au Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) à Paris, aujourd’hui médecin de l’hébergeur MiPih, Antonio Güell, partage pour le site « Cancers, les défis de l’innovation » sa définition originale de l’innovation : « Le premier est d’avoir des idées folles, des idées auxquelles personne n’a jamais encore pensé et surtout que l’on ne pense pas pouvoir appliquer ; le second est justement d’oser les appliquer car force est de constater que nous sommes, en France, tellement conservateurs que nous devons bien souvent aller aux Etats-Unis ou dans d’autres pays pour appliquer ces idées folles ; la troisième règle fondamentale est que ce n’est pas à nous, techniciens, ingénieurs ou médecins d’être à l’origine de ces idées. Elles doivent naître de l’écoute des patients dans l’objectif d’améliorer le diagnostic de telle ou telle maladie, les traitements et les soins. »

La place du patient dans l’innovation est fondamentale
Antonio Güell insiste, « Ce n’est pas la technologie, mais bien le patient qui doit être placé au coeur de l’innovation. Avoir accès à des montres connectées ou des marqueurs de pas est une chose, obtenir l’avis médical d’un médecin qui ne se déplacera pas forcément à domicile, qui pourra faire partie d’un groupe médical, est beaucoup plus essentiel pour les patients. On le faisait dans les années 50 ou 60 avec le téléphone ! »