Evaluation des produits innovants : prendre en compte la qualité de vie apportée aux patients

Les personnes atteintes d’un cancer sont aujourd’hui culpabilisées car les médicaments qui leur sont proposés sont coûteux.

Pour Catherine Cerisey, co-fondatrice de Patients & Web et vice-présidente de Cancer Contribution, les patients attendent de véritables progrès dans le traitement des cancers car ils aspirent avant tout à guérir. Mais la qualité de vie reste un critère indispensable à prendre en compte dans les nouveaux traitements. Sans une amélioration de la qualité de vie, il n’y a pas d’innovation.

Des avancées thérapeutiques attendues par les patients
Les patients attendent beaucoup de l’innovation notamment thérapeutique car ils veulent  guérir. Même si les médias tendent à dire qu’un cancer sur deux se guérit, les médecins parlent de « rémission » ou de « rémission totale » aux patients, jamais ou très peu de guérison. Les médias annoncent des vaccins contre le cancer ou encore des prises de sang pour dépister le cancer, mais les patients veulent des avancées immédiates qui n’arrivent pas dans 10 ans ou 15 ans. Quand vous êtes atteint d’un cancer métastatique, vous n’avez pas 10 ou 15 ans devant vous. Vous voulez bénéficier de l’innovation tout de suite.

Une qualité de vie améliorée avec le traitement
L’innovation réside également dans la qualité de vie. Elle ne consiste pas uniquement en des médicaments qui guérissent avec des effets indésirables redoutables. Les patients veulent une prise en compte de leur qualité de vie, mais elle est extrêmement difficile à quantifier. Votre qualité de vie n’est pas la même que ma notion de qualité de vie. Il est vraiment important de l’intégrer dans la recherche.

Les patients, acteurs majeurs de l’évaluation économique d’un nouveau médicament
Evaluer et quantifier le prix des médicaments comme il y a 5 ans est révolu. L’Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR) est appréciable mais un médicament qui apporte une meilleure qualité de vie devrait avoir une bonne ASMR. Les patients doivent pouvoir participer à l’évaluation en intégrant les commissions dédiées car ils sont les premiers concernés. La démocratie sanitaire de mars 2002 doit permettre aux patients d’entrer dans ces commissions d’évaluation des médicaments.

Un système obsolète
Les patients sont aujourd’hui extrêmement culpabilisés d’avoir recours à des médicaments coûteux. Ils sont malades mais pas pour autant responsables de leur maladie. Les médicaments coûtent certes chers soit, mais il faut revoir tout le système pour permettre à tous les patients d’accéder à cette innovation sans discrimination. 

Interview réalisée lors des « Matinales de la santé sur l'innovation », le 8 juin 2016, à la Maison de la Chimie, Paris.

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