Le juste soin : la valeur clinique indissociable de la valeur humaine

Le soin prend en compte toutes les dimensions du patient et ne se borne pas au geste technique. Il serait judicieux de mettre en place des prises en charge personnalisées pour répondre au mieux aux besoins des patients.

Rencontre avec Harold Astre, directeur de la recherche et de l’innovation au CHU de Poitiers et Claire Georges-Tarragano, praticien hospitalier et présidente du Collectif PASS à l’hôpital Saint-Louis (Paris), co-auteurs du livre « Soigner l’humain, manifeste pour un juste soin au juste coût » lors de la conférence/débat « Juste soin au juste coût ou rentabilité ? Comment concilier les valeurs du soin avec les contraintes financières ? », le 24 mai 2016 à Paris.

La dimension humaine du soin
Cet ouvrage réunit les contributions variées de médecins, de directeurs d’hôpitaux, de personnalités de la santé publique sur la dimension humaine du soin. L’idée d’écrire ce livre a émergé suite à un colloque que nous avons organisé sur cette thématique en juin 2015 ; nous y avons trouvé des contributions intéressantes permettant d’apporter une réelle réflexion sur la manière de soigner l’humain et la manière dont l’humain lui-même peut soigner des humains. Ce livre a une double dimension.

Développer une approche singulière du patient dans le système de santé
Nous jouissons d’une certaine expérience dans les Permanences d'Accès aux Soins de Santé (PASS) qui sont des dispositifs peu connus et peu reconnus. Pourtant, ils sont des espaces interstitiels du système de santé qui sont extrêmement riches d’enseignements. Nous y voyons des situations hors cadre, hors protocole qui sont questionnantes. En effet, nous nous sommes posés des questions éthiques sur l’éthique tant individuelle que collective, sur la notion du meilleur soin, le soin purement technique qui va réduire la taille de la tumeur ou le soin qui va prendre en compte les dimensions du patient... Toutes ces questions là explosent. Nous avons des patients en grande précarité qui cumulent les problématiques et la vulnérabilité. Evidemment, nous ne pouvons pas les traiter avec un protocole qui soit le même pour tout les patients. En poussant la réflexion, nous nous rendons compte que nous aurions bien besoin de cette approche singulière pour tout le monde, du cas par cas et pas seulement de la médecine personnalisée centrée sur la biologie, mais de la médecine personnalisée qui prend en compte toutes les dimensions. Dans les PASS, nous avons cette approche singulière du patient qui nous semble intéressante à défendre et à diffuser dans l’ensemble du système de santé. 

 

En savoir plus, http://www.chu-poitiers.fr/ et http://hopital-saintlouis.aphp.fr/