Un arbitrage pour le recours aux médicaments onéreux

Les nouvelles molécules sont évaluées au sein des hôpitaux afin de déterminer si les patients peuvent en bénéficier.

Harold Astre, directeur de la recherche et de l’innovation au CHU de Poitiers, explique les arbitrages réalisés au sein des hôpitaux pour mettre à disposition des patients des molécules onéreuses lors de la conférence/débat « Juste soin au juste coût ou rentabilité ? Comment concilier les valeurs du soin avec les contraintes financières ? », le 24 mai 2016, à Paris.

Donner accès à tous les patients aux molécules qui améliorent leur qualité de vie
La question du financement des molécules innovantes onéreuses ne relève pas forcément de l’hôpital lui-même puisque la sécurité sociale les finance en grande partie. La question est plutôt celle des arbitrages internes. A l’hôpital, nous avons des forfaits pour ces molécules onéreuses, la question est de savoir si nous sommes dans une innovation frugale qui va bénéficier à tous mais avec une certaine rationalité ou si nous la mettons à disposition de tout le monde sans se poser de question. Globalement, les molécules qui permettent une réelle amélioration de la qualité de vie et une véritable amélioration sur le plan clinique doivent êtres accessibles à tous les patients. La sécurité sociale rembourse une partie à l’hôpital et l’autre partie - non remboursée – doit être prise en charge par le CHU, cela fait partie de sa mission. Au CHU de Poitiers, les molécules onéreuses représentent  4 à 5 millions d’euros par an, ce sont principalement des anticancéreux. Sur 10 molécules onéreuses, nous avons 8 anticancéreux. 

Une prescription des molécules onéreuses définie par un cadre précis
Au CHU de Poitiers, nous soutenons très fortement la recherche en cancérologie. Les médecins qui prescrivent ces molécules onéreuses sont des chercheurs. Ils sont donc à la pointe de ces technologies-là qu’ils peuvent prescrire aux patients. Il faut savoir que beaucoup de médicaments anticancéreux sont donnés aux patients en dehors de ces molécules onéreuses. Aujourd’hui, nous donnons à beaucoup de nos patients, dans le cadre d’essais cliniques des traitements qui ne sont pas validés par l’ANSM, qui n’ont pas d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). L’ANSM contrôle l’essai clinique et vérifie qu’il n’y a pas de dérives majeures, que les événements indésirables sont correctement déclarés et que tout entre dans un protocole. Mais la recherche par essence permet d’accéder à de nouveaux traitements. Finalement, les molécules onéreuses sont l’intermédiaire entre un médicament autorisé et une étude clinique. 

En savoir plus, http://www.chu-poitiers.fr/