Innovation thérapeutique française : renforcer la compétitivité

La France est visiblement un peu moins compétitive aujourd’hui qu’elle ne l’a été. Certains pays, notamment des pays émergents comme la Chine, l’ont dépassée en termes de brevets et de publications scientifiques.

Pour Claude Le Pen, économiste et directeur du master Économie de la santé à l’Université Paris-Dauphine, la France ne reste pas immobile en matière d’innovation ; les gouvernements successifs ont créé des pôles de compétitivité, des instituts hospitalo-universitaires, ont alloué des fonds spécifiques mais de gros défauts subsistent, notamment une organisation administrative trop complexe.

Des délais trop longs
Les délais administratifs pour accéder à l’innovation sont très longs en France par rapport à d’autres pays. Pendant ce temps-là, les patients attendent et les industriels vendent leurs produits à l’étranger. Les étrangers se demandent alors pourquoi acheter un bien français qui n’est pas vendu en France, c’est un vrai frein.

Des investissements privés faibles
La France ne dispose pas comme aux Etats-Unis de fonds importants - venant souvent de fonds de pension - qui investissent beaucoup et qui prennent des risques sur une partie de leur portefeuille pour stimuler la recherche. Là aussi, la France pourrait revoir ses règles de fiscalité ou en édicter de nouvelles pour stimuler ce financement privé.

Une recherche française trop fondamentale
La recherche française n’est pas assez orientée vers les recherches appliquées provoquant un déficit sur l’application et le passage des organismes publics aux entreprises privées. Le partenariat public-privé n’est pas très développé dans notre pays. Il y a même une certaine méfiance entre les deux secteurs, ce qui génère un gros handicap pour la France. La plupart des pays qui excellent en recherche scientifique créent des tissus et des coopérations publiques-privées beaucoup plus faciles et efficaces que la nôtre.

Interview réalisée lors des « Matinales de la santé sur l’innovation », le 8 juin 2016, à la Maison de la Chimie à Paris.

Photo : ©Rivington

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