Myélome multiple : 5 médicaments approuvés en un an

De grandes avancées ont été réalisées dans la prise en charge du myélome multiple avec l'arrivée de cinq nouvelles molécules.

Rencontre avec le Pr Philippe Moreau, onco-hématologue au CHU de Nantes, qui souligne les progrès importants menés dans la prise en charge des patients atteints de myélome multiple avec l’approbation de cinq nouvelles molécules en un an, lors des Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr), les 14 et 15 décembre 2016 à Paris.

Les progrès sont très importants dans le myélome multiple*, puisqu’en un an, cinq nouveaux médicaments ont été approuvés aux Etats-Unis et en Europe avec des nouvelles classes thérapeutiques. Ces produits innovants ont été élaborés suite à des essais cliniques randomisés de phase III qui ont tous montré un bénéfice en termes de survie sans progression, de durée et de taux de réponse. Nous observons une diminution du risque de rechute ou de progression de l’ordre de 60% avec ces nouveaux traitements par rapport à ceux existants. Ces médicaments vont transformer la prise en charge du myélome multiple et améliorer très probablement la survie des patients. Les professionnels de santé devront ensuite trouver la meilleure séquence de traitement car tous ces produits ont des indications de la 1ère à la 3ème rechute.

Rendre les molécules innovantes rapidement accessibles pour les patients
Les progrès sont donc significatifs dans la prise en charge du myélome multiple mais les molécules doivent être rapidement accessibles. Elles ont été approuvées mais un blocage réside actuellement entre le niveau européen et le niveau d’utilisation en France dû au passage dans plusieurs commissions d’évaluation. Pourtant, plusieurs patients français ont participé à ces essais cliniques et contribué à la mise sur le marché de ces molécules.

Vers davantage de traitements ciblés en oncologie
Nous nous dirigeons de plus en plus vers une cartographie de la tumeur, de la maladie hématologique pour essayer de repérer des molécules exprimées à la surface de la tumeur ou des mutations exprimées par cette dernière, pour ensuite élaborer des traitements ciblés venant en remplacement ou en complément de la chimiothérapie conventionnelle. Les progrès en oncologie sont considérables ; il faut maintenant utiliser ces outils biologiques – biomarqueurs – pour ensuite les appliquer aux patients.

* 6 000 nouveaux cas par an en France

RCFr, en savoir plus www.rcfr.eu

http://www.af3m.org/

http://www.chu-nantes.fr/